2015


Petite plaquette UE 2015L’engagement du thérapeute, son implication, sont des dimensions majeures dans la qualité de la relation thérapeutique et dans le processus de changement. Cela l’invite à une certaine « transparence », à « être réel et authentique », à permettre au client de faire l’expérience de « la rencontre de Personne à Personne »… Qu’est-ce que cela implique concrètement pour un(e) thérapeute centré(e) sur la personne, pour tout thérapeute et psychopraticien ? Quels sont les enjeux éthiques d’une telle position thérapeutique ?
Ce colloque se propose d’explorer cette question de l’engagement du thérapeute, grâce à des conférences, tables rondes, ateliers, film, groupes de rencontre animés par les conférenciers invités et par l’équipe des formateurs de l’Ifrdp.

Deux formules de participation sont proposées : les 5 jours de l'Université d'été pour s'immerger pleinement et se ressourcer dans la rencontre ou 3 jours de Colloque pour travailler sur le thème avec des intervenants de renom.

PROGRAMME DE LA TABLE RONDE

Anne PIOZ : Psychopraticienne  Centrée sur la Personne. Certifiée IFRDP ET FF2P - Titulaire du CEP. Formée à la thérapie par le jeu. Elle anime également des groupes d’analyse des pratiques professionnelles.

Quelles sont les raisons qui me font sentir plus engagée avec ce client plutôt qu’avec cet autre? Quel impact dans le processus du client ? Quelles sont les différentes facettes et formes de mon engagement en tant que thérapeute dans la relation thérapeutique ? Exemple d’un accompagnement avec une cliente. Et en dehors du cabinet, quelle place peut avoir l’engagement du thérapeute dans notre société ?
 
Armelle VOINDROT. Psychopraticienne Centrée sur la Personne. Certifiée IFRDP et FF2P - Titulaire du CEP

L’ACP, une approche implicitement spirituelle. En 1987, Carl Rogers déclarait lors d’un entretien : « Au lieu de dire que le spirituel a un impact sur la thérapie, je dirai que la meilleure des thérapies conduit à une dimension spirituelle ». Sur la fin de sa vie, Rogers a parlé, sans l’explorer davantage, de l’ouverture à une dimension spirituelle dans la thérapie centrée sur la personne. En nommant son approche : « client centered therapy », il ne se limite pas seulement à une vision psychologique de la thérapie.
 
Jacques BAGOUET. Psychopraticien Centré sur la Personne. Certifié IFRDP et FF2P - Titulaire du CEP.  Thérapeute familial et coach.

Ce que je tenterai de questionner dans mon intervention c’est bien l’engagement du thérapeute en reflet de celui du thérapisant. J’illustrerai ce thème par une vignette clinique de l’accompagnement d’un jeune garçon, Djinn, sur une période de trois ans. J’évoquerai donc en quoi a consisté  mon intervention, faite d’engagement et de qualité de présence, auprès de ce jeune et ce qui à mes yeux a été le  moteur des premiers changements observés chez Djinn,  pendant ces trois années.
 
Michèle HARAN. Psychopraticienne  Centrée sur la Personne. Certifiée IFRDP et FF2P - Titulaire du CEP.

Dans mon expérience, l’engagement est une force en mouvement au coeur du thérapeute. Il est bien au centre de la relation d’aide et de la psychothérapie. Mon engagement me semble être ma réponse d’humanité sensible à une demande, une souffrance. Cette énergie dans l’accompagnement, perçue par la personne, semble agir comme moteur de changement par l’intérêt réel que le thérapeute manifeste ? Par la mobilisation des attitudes  facilitantes ?

PROGRAMME DES CONFÉRENCES

Pour un lien qui soigne : implication affective et distanciation réflexive.

L’important est de chercher puis trouver une proximité créative, celle qui permet d’inventer des voies de dégagement vis-à-vis des souffrances du passé puis de construire un futur adapté aux rêves de chacun.
La passivité et l’ennui sont des souffrances mais aussi des résistances, tant pour le patient que pour le praticien. Il s’agit donc d’inventer des pratiques hétérogènes qui sachent éviter les pièges de la répétition et de l’enlisement.
La psychothérapie est une école de vie où l’on apprend la discipline de soi et le travail d’exister. C’est un espace créatif d’apprentissages. C’est un espace-temps où se trouve légitimée la recherche du plaisir d’être ensemble. Car la motivation à travailler ne peut être disjointe de la joie d’être. Ne pas nier les dimensions du jeu et du plaisir favorise une distance non défensive mais aussi un engagement bien tempéré dans la relation d’aide.
 

Alain DELOURME. Docteur en psychologie, thérapeute et coach, formateur et superviseur. Auteur d’une dizaine d’ouvrages dont « La distance intime, tendresse et relation d’aide », « La thérapie prospective », « Psychothérapies et Spiritualités ». Passionné par la science fiction, la prospective, la recherche créative et l’écriture, il intègre dans sa vie les idées qu’il soumet.

 

La congruence, en théorie et en pratique.

La congruence fournie par le thérapeute est considérée comme une condition essentielle à la thérapie. Elle est également une qualité fondamentale dans l’Approche Centrée sur la Personne.
La congruence est définie comme un état intrapsychique, d’expériences conscientes, aboutissant à leur intégration dans le self. C’est donc une qualité fonctionnelle du thérapeute. Comparée aux autres conditions de base, elle s’exprime à un haut degré sur le plan non verbal, selon un processus autonome, que nous ne maîtrisons pas entièrement. Mais tout ce qui est exprimé, même spontanément, est loin d’être congruent. D’autre part, tout ce que nous ressentons et symbolisons précisément n’a pas à être communiqué explicitement au client.
Ce qui nous amène à la question : quels rapports y a-il entre la congruence et ce que le thérapeute communique à son client ? En particulier, j’aimerais regarder à quelles conditions les résonances du thérapeute peuvent être communiquées au client. En d’autres termes, j’aimerais examiner les moments où des interventions provenant du cadre de référence du thérapeute semblent appropriées. Techniquement parlant, nous réfléchirons sur les interventions provenant de la compréhension empathique du cadre de référence du client et celles provenant du cadre de référence du thérapeute, que ce soit la révélation de ses propres pensées, sentiments, imaginations, sensations corporelles, etc.
 

Gerhard STUMM. Dr., est thérapeute centré sur la personne, psychologue clinicien à Vienne depuis 1984, formateur au Forum, un institut de formation à l’ACP autrichien ; il est né en 1950 ; il a publié de nombreux articles sur la psychothérapie, en particulier la psychothérapie centrée sur la personne.

 

L’alliance parent-enfant-psychothérapeute dans le processus de guidance. « Une partition à trois voix ».

L’engagement du thérapeute possède de multiples facettes : personnelle, philosophique, sociale, politique, spirituelle… Il imprègne sa personne et donne à tout parcours thérapeutique sa densité.
En ce sens l’aide d’accompagnement de l’enfant, qu’elle passe par la thérapie et/ou par la guidance parentale possède  à mes yeux une implication sociale puissante dont la visée est l’amélioration du monde de demain, car nous savons bien que la société fonctionne selon les individus qui la composent. Alors j’aime construire « en coulisse » et à bas bruit les fondations de celle-ci. Car ce seront ces adultes de demain qui  lui donneront sa future couleur. Et qui mieux que leurs parents pourront du mieux possible les y aider avec la transmission de solides valeurs ?
Quelle est la place du thérapeute dans l’engagement qu’il porte à ces deux partenaires, le couple parents-enfants ? Quel espace de paroles peut il donner à l’un et à l’autre sans déposséder ces pères et mères de leur rôle essentiel ?
 

Muriel MAZET. Psychologue clinicienne et psychothérapeute ACP. Elle a travaillé en milieu carcéral, en CAT et au sein d’établissements scolaires. Elle exerce auprès d’enfants, d’adolescents, d’adultes et de couples. Profondément engagée dans ce travail, elle s’est entre autre orientée vers l’enfant et ceux qui l’accompagnent. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « L’enfant qui a mal », et « Dépasser le mal en soi».

 

L’engagement du thérapeute : au cœur du processus de la psychothérapie humaniste.

La plupart des recherches en psychothérapie tendent à démontrer que les facteurs de changement reposent sur la relation. Se pourrait-il que l’engagement du thérapeute soit un élément constitutif de la relation thérapeutique ? C’est à cette première question que nous essaierons de répondre en analysant ce à quoi le thérapeute s’engage vis-à-vis de son client, et aussi, ce à quoi il ne peut pas s’engager sous peine de bloquer le processus de transformation ; cela nous conduira à évoquer la théorie paradoxale du changement, clé de voute des approches existentielles-humanistes.
Chemin faisant, nous découvrirons que le thérapeute peut s’engager de bien des façons selon qu’il appartient à telle ou telle école. En effet, notre implication dépend largement de notre philosophie de la personne et d’une anthropologie de la relation. Nous verrons d’ailleurs qu’il existe bel et bien une forme d’engagement propre à la psychothérapie humaniste ; et que cela détermine par conséquent un type de changement en cohérence avec ce paradigme.
 

Xavier HAUDIQUET-LAMARQUE. Il vit au Mexique depuis 20 ans. Psychothérapeute, formateur et enseignant en psychologie humaniste.  Formé à l’Approche Centrée sur la Personne, la Gestalt-thérapie, l’approche psychocorporelle et la psychologie transpersonnelle. Directeur de l’Institut Mareotis à Mexico. Président de l’Institut ACP-France.

PROGRAMME DES ATELIERS

Le choix de l'engagement

Alain DELOURME
Le plaisir partagé et l’implication dans le processus évolutif sont les moteurs du changement. Nous explorerons ensemble certaines des modalités concrètes favorisant ce processus à l’aide d’exercices interindividuels.
 

La congruence et la communication dans la pratique thérapeutique

Gerhard STUMM
Après un bref rappel des différents aspects de la congruence, j'aimerais inviter les participants à échanger à partir de leur expérience en tant que thérapeutes, aidants. En quoi leur est-il difficile d'expérimenter vis-à-vis d'eux-mêmes un regard positif inconditionnel ? Et par là même, risquer de devenir incongruent, et finalement infidèle à soi-même et aux autres ?
A l'aide d'exemples pratiques, un deuxième sujet pourrait être de mettre en évidence la tension entre : être transparent et ne pas être intrusif pour le client.
J'aimerais également offrir un espace pour des questions et une discussion sur le thème abordé.
 

Le pouvoir de l’engagement

Xavier HAUDIQUET
Pour cet atelier expérientiel, nous ferons un pas supplémentaire dans l’exploration de la notion d’engagement du thérapeute et son impact sur le client et la situation dialogale. À l’aide d’exercices, nous expérimenterons quelques facettes de l’engagement comme la qualité de présence, l’intention, l’authenticité ou la pleine conscience.
 

Autre temps, autres souffrances…

Muriel MAZET
Les temps changent. La société et les êtres qui la composent aussi. Le thérapeute est alors confronté au cours de sa carrière à l’évolution des demandes d’aide qui en découle. Et si la souffrance a toujours existé, celle-ci semble actuellement revêtir certaines formes parfois spécifiques.
Nous pourrons débattre ensemble non seulement autour du constat de ces changements mais aussi de l’attitude du thérapeute face à eux. Car si l’écoute est éternelle et traversera toujours les époques, l’engagement du thérapeute ne lui demande-t-il pas de s’adapter et de se remettre constamment en question dans sa pratique ?
 

GROUPES DE RENCONTRE ET AUTRES ATELIERS SUR PLACE

PROJECTION DU FILM : Of Men and War

275924 "Des hommes et de la Guerre"

Durée : 2h22.

Après « De guerre lasses », un premier documentaire portant sur les séquelles psychiques laissées par la guerre de Sarajevo chez de jeunes veuves bosniaques, Laurent Bécue-Renard continue sa réflexion sur les conséquences psychologiques des guerres dans la vie quotidienne de ceux qui les ont vécues. Of Men and War - Des hommes et de la guerre- s’intéresse ici aux combattants américains revenus d’Irak et d’Afghanistan, mais comme le dit l’auteur, ils pourraient tout aussi bien revenir de Troie, du Viêtnam ou d’Algérie tant leur expérience est universelle . Ils ont développé un syndrome de stress post-traumatique.
C’est avec beaucoup d’empathie que le réalisateur a suivi et filmé 12 vétérans pendant plusieurs années, de 2008 à 2013, dans un centre spécialisé dans le traitement du « syndrome de stress post-traumatique », en Californie,  le Pathway Home (le chemin vers la maison). Ce film se partage entre la vie au centre avec ses séances de thérapie de groupe, et des fragments de vie de famille. La parole de ces soldats est le cœur du film. On assiste à leurs tentatives et leur laborieux cheminement pour se reconstruire, soutenu par un  thérapeute engagé, lui même ancien vétéran de vietnam.
Le film de Laurent Bécue-Renard va bien au-delà de la rencontre avec des vétérans américains traumatisés par les guerres. À travers leurs histoires, il suit la colère, d’où elle vient et où elle va, comment elle se transporte du front à la maison.
 

Laurent Bécue-Renard. Diplômé de l’institut d’études Politiques de Paris. Titulaire d’une bourse Fulbright, il rejoint l’université de Columbia à New York. Responsable à Sarajevo, durant la dernière année de la guerre de Bosnie, du magazine Sarajevo on line. 2003 : sortie de son premier film « De guerre lasses » plusieurs fois primé. Octobre 2014 : sortie de son deuxième film « Of Men and War » (Des hommes et de la guerre). Sélection officielle à Cannes.

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